La maîtrise de la navigation de haute mer est l’élément qui a permis aux Occidentaux, depuis le XVIe siècle, de dominer le monde. Les grands empires du XXe siècle, États-Unis et URSS,se sont appuyés sur des flottes formidables et la recherche inlassable des Soviétiques de ports situés en zone ouverte témoigne de l’importance majeure de cet aspect de la puissance militaire. La croissance des flottes asiatiques et, d’une manière générale, des pays émergents en ce début de XXIe siècle, montre que la maîtrise des mers reste un enjeu fondamental de la géopolitique du troisième millénaire : les 4/5 du commerce mondial empruntent la voie maritime et tout indique que cette tendance lourde persistera.
Et la France là-dedans ? Il est de bon ton, et en large partie justifié, de dénoncer le manque d’intérêt de notre pays pour le fait maritime, y compris pour sa marine militaire, objet de ce livre. Encore faudrait-il s’interroger sur la véracité de cette affirmation, sur ce qui en est
la cause et, plus encore, sur les raisons d’espérer.
Spécialiste d’histoire maritime, Alain Boulaire nous livre ici une somme à la fois érudite et accessible à tous. (Palantines, 2011, 382 pages, broché, 150 x 240 mm)